La traversée des Pyrénées en VTT

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Présentation façon « UTAGAWA » – PARTIE 1

Accès au départ Train : La Tour de Carol
Recherche d’hébergement Dans le TOPO guide (mieux vaut parler espagnol)
Remarques sur la difficulté Ce parcours est bien sûr un long raid. La difficulté va dépendre du nombre de jours que vous vous accorderez pour le faire. Réalisé en 5 jours ce périple n’est accessible qu’aux sportifs entraînés (une sortie régulière de 40 km hebdomadaire…avec dénivelé. Nous on parle en « bugnes » et c’est minima 5 bugnes.
Remarques sur l’engagement On ne peut pas dire que le parcours soit très difficile. Il demeure un parcours de VTT avec aléas et fatigue. Très peu de portage…
Commentaire des auteurs sur la sortie Ce raid a été effectué en juillet avec un groupe de 8 personnes au maximum.
Praticabilité Aucune difficulté à partir du moment oû on ne part pas trop tôt dans la saison (neige). Les mois d’été restent la meilleure période…
TOPO / TRACE Sur le net vous avez de nombreuses possibilités (trace GPS sur UTAGAWA, …). Deux écoles : les adeptes du « tout cuit » et ceux qui aiment « fouiner » dans les cartes… avec les traces GPS on peut parfois (souvent) passer à coté d’un « single » magique. Nous (enfin Eric) aime bien se plonger dans le cartes (relief, difficulté, anciens sentiers,point d’eau, possibilité ravitaillement,…). Vous pourrez télécharger (en mode membre) nos « docs » afin de construire votre périple.
Notation

Si vous souhaitez télécharger le(s) PDF pour organiser ce périple, devenez membre de VTT libre…

Présentation façon « UTAGAWA » – PARTIE 2

Accès au départ Voiture : Col de Bielsa
Recherche d’hébergement En pays basque, de BANCA à HENDAYE, vous n’aurez pas de difficultés à organiser votre périple. Adaptez la formule tente ou gîte (ou un mix des deux) selon vos envies. De BIELSA à BANCA, nous vous proposerons prochainement des solutions.
Remarques sur la difficulté Ce parcours est bien aussi un long raid. La difficulté va dépendre du nombre de jours que vous vous accorderez pour le réaliser. Établi en 10 jours ce périple n’est accessible qu’aux sportifs entraînés (une sortie régulière de 40 km hebdomadaire…avec dénivelé. Nous on parle en « bugne » et c’est minima 5 bugnes). Intensifier lors des beaux jours pour se préparer au mieux aux longs efforts.
Remarques sur l’engagement On ne peut pas dire que le parcours soit, là encore, difficile. Il demeure un parcours de VTT avec aléas et fatigue. Très peu de portage…
Commentaire des auteurs sur la sortie Ce raid a été effectué en juillet avec un groupe de 10 personnes au maximum.
Praticabilité Aucune difficulté à partir du moment où on ne part pas trop tôt dans la saison (neige). Les mois d’été restent la meilleure période..
TOPO / TRACE Sur le net vous avez de nombreuses possibilités (trace GPS sur UTAGAWA, …). Deux écoles : les adeptes du « tout cuit » et ceux qui aiment « fouiner » dans les cartes… avec les traces GPS on peut parfois (souvent) passer à coté d’un « single » magique. Nous (enfin Eric) aime bien se plonger dans le cartes (relief, difficulté, anciens sentiers,point d’eau, possibilité ravitaillement,…). Vous pourrez télécharger (en mode membre) nos « docs » afin de construire votre périple.
Notation

C’est sous forme d’un récit et la plume de Christophe que je vous invite à partager ce périple afin imaginer, de rendre tangible votre souhait d’emmener dans votre sillage vos meilleurs pots VTTistes dans ce que nous n’hésitons pas à qualifier comme l’un des plus beaux périples que nous ayons eu à vivre.

Pour accéder aux TOPOS et autres éléments d’informations, devenez membre de VVT libre. Vous pourrez ainsi organiser votre périple. Vous trouverez également un élément de mise en scène : le brief d’avant départ… bon voyage.
ETAPE 1 : BIELSA – SIESTE
KMS : 56
DENIVELE + : 750 m

Avdobis0000100007près un trajet en voiture, nous arrivons à BIELSA. Déchargement de nos montures qui sont prêtes à endurer un périple qui va nous mener du centre des Pyrénées au Pays Basque. Le pique-nique est rapide.

Nous commençons par 30 kms de route au profil fortement descendant à 35 km/h de moyenne… Cela nous laisse le temps de nous adapter à nos chargements : certains privilégient le confort en faisant porter le vélo, d’autres sont lestés de sac à dos pour plus de maniabilité dans les parties accidentées.
A Escalona, la première difficulté arrive : un petit col de 4 kms en plein « cagnard » (39 ° au compteur) qui nous mène au village abandonné de Murabellos. Petit cours de belotte couenchée en attendant le regroupement. Premiers incidents mécaniques aussi : crevaisons malgré les pneus neufs ; problèmes de pédalier … Rien de grave…
Nous repartons pour une descente très scabreuse dans le « barranco ». Pas mal de portage entre les cailloux et les épineux… Vous l’avez rêvé ? Vous étiez impatients ? Vous y êtes !! Après de remarquables passages dans des reliefs érodés et un nouveau portage sur un chemin suspendu au dessus du canyon, nous atteignons le village de San Vicente, plongé dans la torpeur d’un après-midi d’été. Nouvelle descente, plus facile celle-là, pour atteindre le ruisseau que l’on doit normalement suivre sans souci jusqu’à Boltana. C’est sans connaêtre la malice de nos deux « organisateurs » : après plusieurs passages à gué très agréables, le chemin se perd dans de très hauts roseaux !! Il faut jouer des coudes et des épaules, les pieds dans la vase pour se sortir de cette impasse et porter une dernière fois le vélo sur un muret suspendu 3 m au dessus d’un canal : acrobatique et … casse-gueule !! Nous arrivons enfin à Boltana… La moyenne a fortement chuté après ces divagations dans le lit du ruisseau. Le moral reste cependant au beau fixe. Le groupe avance comme un bulldozer, et nivelle les sautes d’humeur. Nous nous trouvons face à la dernière difficulté de la journée : une montée très sèche de 3 km vers le village de Sieste que certains attaquent à toute vitesse, pressés de savourer une « cervezita » !
Nous sommes accueillis comme des rois par Teresa, la patronne de la Casa Piquero (une « casa rural » l’équivalent de nos gîtes ruraux). Celle-ci n’hésite pas à nous « papouiller » malgré l’odeur de fennec exhalée par certains ! Repas gargantuesque cuisiné par la sœur de Teresa : des pâtes, encore des pâtes puis … des pâtes, et enfin le repas peut commencer : salade, « jamon serrano », « lomo con champinones »… Vous désirez du poulet et des patates après ça ? Au dessert : « arroz con leche » et la fameuse « cuajada con miel » (du lait caillé de brebis au miel).
Nuit très chaude pour certains , pas à cause de ce que vous croyez : on n’a pas amené la boule à facettes mais les boules anti-moustiques qu’on coince dans le calbut ! Efficace contre les insectes et contre les ronfleurs qu’il réveille à chaque fois qu’il fait un mouvement !

ETAPE 2 : SIESTE – NOCITO
KMS : 50
D + : 1300 m

vdobis0000100027Cela commence par une grosse montée vers le village abandonné de Morcat : piste caillouteuse, chaleur. Nous sortons les MP3 pour nous donner du courage. Cela va assurer l’animation durant tout le séjour.

Nous débouchons sur de hauts plateaux écrasés de chaleur mais à la végétation généreuse : les pluies exceptionnelles de ce Printemps ont donné àà la région un autre visage avec des dégradés de couleurs étonnantes : plusieurs tons de vert, beaucoup de jaune (sorte de genêt épineux qui fleurit au ras du sol), tons ocres de la terre… L’Aragon a revêtu pour nous ses plus belles parures et le spectacle nous fait un peu oublier les souffrances endurées. La « crème à fion » commence d’ailleurs à circuler dans le groupe alors que l’eau se fait rare… Le repas de Midi est pris dans la fraîcheur très recueillie de la petite église du village abandonné de Nasaré, envahi par les ronces. Du cimetière tout proche immergé dans un flot de végétation, une vieille croix penché surgit : le défunt a été enterré à cet endroit en 1962… Du haut du clocher, je ne peux m’empêcher de penser à la vie de ce village à l’époque, loin de tout… Les gens devaient y vivre en totale autarcie, partageant le peu de terres cultivables autour. La vie devait y avoir une autre saveur… Une vie de labeur, de souffrances mais au cours de laquelle le mot « solidarité » devait prendre tout son sens. Les habitants ont préféré la fuir pour aller « s’entasser » dans le confort des villes. Et je suis sûr qu’il est resté une blessure qui ne s’est jamais refermée, la même que celle de ceux qui ont fui la barbarie à la recherche de la liberté de l’autre côté des montagnes plus au Nord.

Nous reprenons le cours de notre périple par une nouvelle descente tortueuse, mordante et piquante à souhait dans le barranco des Gorgas Negras (la star des rios pour le canyoning !). Il faut souvent descendre du vélo pour pousser. Nous nous rafraîchissons dans le ruisseau en bas puis succombons à la fraîcheur d’un coca au petit village de Bara. Ensuite, la piste, facile et roulante, nous mène au village de Nocito, après un faux – plat avalé à grande vitesse.

Nuit au camping « valle de Nocito » dans une bergerie pour les célibataires et petits bungalows pour les 2 couples du groupe !

ETAPE 3 : NOCITO – SANTA CRUZ DE LAS SEROS
KMS : 87
D+ : 1640 m

Le profil est très descendant sur 50 km dans les paysages minéraux de la Sierra de Guara. Après une longue montée et une longue descente sur une piste malheureusement fraîchement goudronnée, nous atteignons le village de Rasal, où nous profitons de la fraîcheur d’une source coulant à flots. La discussion s’engage rapidement avec les petits vieux du village pour qui notre groupe coloré crée une animation apparemment bien appréciée:

  • « l’eau est potable ? »
  • « regardes moi : ça fait 50 ans que je la bois ! Elle vient de là-haut, du Mont Perdu ! Vous allez oû comme ça ? »
  • « à Santa Cruz de las Seros … par les chemins »
  • « jollin !!! »

« Jollin » : cela veut tout dire… Chez nous , dans le Sud Ouest, on dirait : « Putain con ! » Nous sommes fixés sur ce qui nous attend pour les 40 derniers km de l’étape… En attendant, petit pique-nique sympa au bord du rio, avec baignade dans une jolie vasque.

Nous attaquons ensuite un « single » montant très technique et très ludique pour ceux qui ont choisi le sac à dos : le sentier se faufile dans des gorges et grimpe à flanc entre les buissons pour déboucher sur un plateau boisé de sapins. Magnifique ! Après le regroupement et une énième crevaison, nous roulons sur un plateau entaillé par le torrent qui coule 20 m sous le chemin. Tout d’un coup, la tête du groupe se met à hurler… Ce sont des cris de joie : plusieurs vasques bleutées sont à nos pieds, et malgré le retard accumulé, nous ne pouvons résister à l’appel de la baignade. Quel bonheur ! La nature nous offre ce qu’elle a de meilleurs : la douce fraîcheur d’une eau limpide dans un cadre enchanteur d’éboulis surmontés de hauts sapins. Je pense aux gorges de l’Asco ou de le Restonica en vdobis0000100028Corse… Nous nageons dans le bonheur, survoltés par le plaisir tout simple de la baignade. Ma conscience écolo est décuplée : il faut absolument préserver de tels endroits. Sans cette nature sauvage et préservée, nous ne serions rien !

Après un incident technique assez délicat sur la manette d’un dérailleur arrière, rééparée par nos mécanos, nous abordons la dernière et grosse difficulté de la journée : un col de 6 km sur une petite route, avec une pente moyenne de 10 %. Nous descendons sur Santa Cruz en passant devant un monastère impressionnant construit dans la falaise de gré rouge. Nuit à l’hôtel dans le village enchanteur de Santa Cruz après un apéro et un repas copieusement arrosé de sangria et de vino tinto !

ETAPE 4 : NOCITO – ISABA
KMS : 90
D+ : 1700 m

Après une courte descente, nous attaquons une longue montée vers le village d’Aisa, très proche de la frontière, au pied des pics d’Aspe, non loin de Jaca et du col du Somport. Nous retrouvons des paysages de montagne après ceux de la Sierra de Guara faisant plus penser à du maquis méditerranéen.

De là commence une grosse partie de marche sur un chemin très raide et très caillouteux, avec un itinéraire difficile et incertain. Le GPS de Jean est là pour aider nos « routeurs » qui s’interrogent souvent… Nous entamons ensuite une longue descente sur un chemin parsemé de gros cailloux que je ne trouve pas trop à mon goût… Je fais un magnifique soleil , retombant sur les coudes et sauvant malgré tout les yaourts et les chips attachés à mon sac. Pique-nique frugal en plain cagnard dans la vallée… La suite du parcours est du même niveau : un single infaisable à vélo. Nos « routeurs » décident la rage au ventre de poursuivre par la route. Un premier col est franchi sur une large route de montagne au revêtement impeccable. Nous y rencontrons un couple de français plus tout jeunes faisant la traversée de Pyrénées sur des vélos – randonneurs lourdement chargés… Je me fais le serment de repartir un jour comme eux avec ma chérie, quand les enfants seront grands… Les soucis fermés à double tour dans un placard à la maison, le mollet léger et le cœur joyeux, abandonné aux plaisirs de l’effort et du partage de nouvelles aventures avec ma moitié qui commence à me manquer… Elle aurait pu tout faire, c’est dommage ! Demain, nous retrouvons le reste de la troupe. Du bonheur en perspective !! Ils sont essentiels à notre équilibre, et partir sans eux laisse un petit goût d’inachevé… A revoir pour l’année prochaine !

vdobis0000100029Cette étape est décidément morose… Beaucoup trop de route… Heureusement, le dernier col est magnifique : nous serpentons dans une vallée étroite pour arriver au village de Zuriza, petite station de ski de fond qui a l’air bien sympathique… Un dernier effort sur 1 km et nous franchissons le col qui nous fait passer dans la province espagnole de Navarre… Ca y est, nous sommes en pays basque ! Le changement est très net : tout y est plus vert, plus abrupt, plus…nuageux.

Longue descente sur Isaba par un single superbe au début traversant les alpages puis un chemin plus cassant oû il faut une énième fois descendre du vélo… Mal aux bras , mal au dos, mal aux fesses pour beaucoup. Il faut rendre hommage à ces piliers du groupe, qui malgré le peu d’entraînement (par manque de disponibilité), sont toujours présents et sont eux aussi essentiels à cette union sacrée qui laissera des traces indélébiles dans notre mémoire.

Isaba : gros village de fond de vallée au pied du col de la Pierre Saint Martin. Accueil frisquet…

ETAPE 5 : ISABA – BANCA
KMS : 100
D+ : 1850 m

Nous nous levons motivés : ce soir, en France, à Banca, dans la vallée des Aldudes, nous retrouvons le reste de la troupe ! De la joie en perspective !

En attendant, 100 km sont au programme… Le parcours est magnifique dans les grandes forêts de hêtres. Un peu de route, beaucoup de pistes dans une ambiance brumeuse. La forêt d’Iraty nous invite et nous plongeons un peu inquiets dans ses profondeurs obscures. Elle respire, murmure… Le moindre bruit est décuplé, nos voix se font l’écho du frissonnement de la végétation. A tout moment, on peut s’attendre à croiser un grand cervidé, un loup ou bien…un elfe.

Le pique-nique se fait au bord du grand lac d’Iraty aux eaux grises et froides. L’air est chargé, l’orage guette : il tourne et joue à cache-cache avec nous.

vdobis0000100045Nous montons doucement jusqu’au col de Roncevaux. Rencontre avec les pèlerins de St Jacques de Compostelle. Impression bizarre… Voyage initiatique ou quête commerciale au tampon prouvant le passage au col ? Cela me laisse perplexe : je compare la mine sombre des marcheurs avec celle beaucoup plus réjouie de mes compagnons. Quel est le but d’un tel voyage à pied ? Tout est fait sur le parcours pour accueillir le pèlerin et toute une économie s’y est mise en place, faisant perdre à mon avis la sacralité de ce voyage. Tant mieux pour les locaux qui y trouvent leur compte !

Après Roncevaux et une dernière montée à plus de 20 %, une très longue descente nous amène à Banca oû nous retrouvons le reste de la troupe. Moments de joie et de communion qui valent toutes les messes du monde !

Un hommage aussi aux deux jeunes femmes qui sont avec nous depuis le début. Elles apportent au groupe la féminité qui arrondit inconsciemment les angles entre tous ces mâles malodorants !

L’accueil à l’hôtel est charmant : apéro à la sangria, repas revigorant à base d’achoa et de truites. Le bonheur est dans nos cœurs, tout s’est bien passé jusqu’à maintenant.

ETAPE 6 : BANCA – BIDARRAY
KMS : 35
D+ : 860 m

Nous entamons la traversée du Pays Basque le long de la frontière : 3 étapes courtes mais … toniques avec des dénivelés conséquents. Les basques ne font pas dans la dentelle et taillent allègrement dans les courbes de niveau. « Le chemin le plus court pour aller d’un point à un autre, c’est la ligne droite… » : proverbe basque.

vdobis0000100053Nous descendons joyeusement sous le soleil à St Etienne de Baigorry, puis c’est une très grosse montée de 500 m de dénivelé au pic de Jara. Pique-nique au sommet avec le spectacle des vautours (une trentaine) tournant dans le ciel à notre niveau. Ils jouent avec les courants ascendants sans donner un seul coup d’aile. Ils disparaissent subitement sans qu’on s’en aperçoive. Encore un cadeau de la nature : peut être sent-elle l’amour que nous lui portons ?

Les nouveaux venus se comportent très bien : ils ont tous progressé et notre moyenne ne faiblit pas. La descente est superbe, un peu technique à flanc de montagne, très pentue sur la fin, dans le vert profond des pelouses à brebis. Du bonheur, encore du bonheur !

Pour atteindre notre hôtel, une côte à 27 % se dresse devant nous ! Nous la passons sans encombre. Pour une fois, nous arrivons très tôt à l’étape. C’est agréable… On se croirait presque en vacances ! Chacun vaque à ses occupations : le Tour de France pour les gars, un gros quatre heures au chocolat pour les filles !

Nous finissons la journée par un tournoi improvisé de pelote basque sur le fronton tout proche. Grosse partie de rigolade ! Victoire des GO malgré une grosse préparation mentale de l’équipe du PATRON . Y en a marre de leur supériorité. Il n’y a qu’à la couenche oû ils ne sont pas bons !

ETAPE 7 : BIDARRAY – SARE
KMS : 31
D + : 1067 m

Pluie, temps humide. Nous partons quand même contre l’avis de tous : le groupe est un être à part avec une volonté indépendante de ceux qui le composent. Il a raison, le groupe, la pluie s’arrête ! Nous escaladons (c’est bien le mot ) le col de Vaux à 700 m. En haut, froid humide , nous adoptons la technique des moutons pour nous réchauffer : regroupement coller-serrer, les derniers arrivés bien chauds se plaçant au centre. Hyper efficace ! Nous repartons gaiement malgré les nuages vers le refuge le plus proche oû , malgré un « accueil très basque », nous prenons des chocolats chauds (nous sommes un 21 Juillet, chronique d’un été pourri en France !). Au moment de payer la note, comme par magie, la patronne se déride et nous explique que la suite va être facile !
La magnifique crête de Gorrospil nous attend. Petite grimpette jusqu’au « 3 hêtres foudroyés » puis c’est une descente fabuleuse qui s’offre à nous sur une arrête herbeuse « monotracée », l’horizon en point de mire…
Le repas est pris en Espagne . En effet, nous flirtons avec la frontière et ne savons plus trop dans quel pays nous sommes. C’est bizarre une frontière… Un ruisseau, un chemin, un pont et la langue change. L’esprit demeure cependant : nous sommes en terres basques. Un pays rude, des gens rugueux. Une terre de caractère en somme , comme peu de fois j’ai pu le ressentir… On retrouve cette impression chez les frères corses ou bretons.
Nous arrivons &agarve; Sare par le GR 10 le long de la Nivelle en groupe restreint , certains, dont les blessés, préférant rentrer par la route.

ETAPE 8 : SARE – HENDAYE
KMS : 38
D + : 1150 m

Encore une étape qui va tenir toutes ses promesses : nous partons encore sous la pluie , contre l’avis de tous !
Gros orage : nous nous abritons dans une grange sentant bon le foin. Souvenirs d’enfance à la campagne chez les grands parents. Le bon lait de vache, les grosses tartines de confiture, les mouches collés au rubans enduits de colle…C’est fou tout ce qui peut vous traverser l’esprit pendant un tel voyage. Ces pensées font du bien, elles nous recentrent sur les choses simples et essentielles.
Nous nous perdons sur les flancs de la Rhune, dans un dédale de chemins boueux défoncés par les engins forestiers. Enfin, nous apercevons le col d’Ibardin. Mais nous avons du mal à l’atteindre. Il semble inaccessible. Ibardin, ce mot me plaît, l’endroit doit mériter le détour. Un poste frontière perché entre la Rhune et l’Océan… Un désastre en fait : un grand parking, des magasins, des baraques à frites. C’est bondé : retour à une dure réalité, celle de « l’homo occidentalis » et sa frénésie consommatrice. Les gens se ruent sur les produits faiblement taxéés sans un regard pour la splendeur des paysages environnants. Le Mandale leur tend les bras. Quasiment aucun ne pousse jusqu’au bout de la rue principale qui se transforme en chemin. Après avoir acheté quelques vivres (il faut bien se nourrir), nous continuons. 500 m après ce village factice, nous retrouvons le calme apaisant des pelouses suspendues entre ciel et Océan. Une halte mééritée autant pour les jambes que pour la tête : je reste sceptique sur la nature humaine. La bouteille de Ricard semble plus importante que cet écrin de verdure souillé par la cupidité…
Nous escaladons à VTT le Mandale : encore un grand bonheur qui nous fait tout oublier. Nous sommes seuls au milieu des chevaux sauvages (les Potioks). La sente se fraie un passage dans les pelouses verdoyantes. Nous sommes à seulement 20 minutes de marche facile du col d’Ibardin ! Personne !
La descente est encore un vrai bonheur, sauf pour Patou qui chute une nouvelle fois et crève. La fatigue d’une semaine de vélo se fait sûrement sentir. Elle est courageuse, elle se relève et repart comme si de rien n’était. Elle mérite bien un nouveau vélo plus léger. Au moins, quand il lui tombera dessus, ça lui fera moins mal ! Dixit Philou son mari !
Encore des côtes et des descentes sur le GR 10, l’Océan est là, à portée de main, mais c’est long. Une dernière pente à affronter, les rues d’Endaye, les voitures, la foule, le front de mer…Etreintes, émotions, c’est la fin de l’aventure. Nous sommes un peu sonnés. Nous squattons la promenade, couverts de boue, hirsutes , puants. Les touristes espagnols tout pomponnés qui font le « paseo » de fin d’après-midi nous dévisagent un peu amusés. D’où viennent-ils ?

Nous venons d’un autre monde.
D’une semaine passée hors du temps, confrontés aux éléments, à notre propre corps.
D’une semaine de fraternité pour ce petit bout d’humanité ardente emplie de joies partagées et de solidarités.
Pour une page de plus inscrite dans notre mémoire collective.

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